50 ans ensemble. Et maintenant?

Publié le par Yves Du Buit



Il en fallait du courage, au début des années 50, pour proposer aux deux principaux belligérants de l'Europe occidentale de mettre en commun leur charbon et leur acier, les matières premières de la guerre.

Il en fallait du courage pour affronter les rancunes et la rivalité séculaire qui opposait ces peuples. Il en fallait du courage pour proposer à des nations qui semblaient promises à une guerre perpétuelle de choisir la voie exigeante de la paix.


On ne peut pas penser à des Spaak, Gasperi, Adenauer, Monnet, Schumman, sans une profonde émotion, et pour ma part beaucoup d'admiration et de reconnaissance. Ils ont été, pour l'Europe des bâtisseurs de paix, et méritent notre plus grand respect.

Il y a 50 ans aujourd'hui, six nations souveraines signaient le traité de Rome, point de départ de l'histoire de la construction européenne.

La CEE créée par le traité de Rome est devenue Union Européenne, et de six, les pays membres sont passés au nombre de vingt-sept. Avec la chute du bloc soviétique et l'émergence de la Chine, de l'Inde dans un monde multi-polaire et globalisé, l'apparition aussi de nouvelles menaces, notamment l'islamisme radical , l'aventure européenne se révèle, jour après jour, année après année, de plus en plus indispensable.

Pourtant l'enthousiasme des premières années a laissé la place à un scepticisme et à une défiance généralisée manifestés par le non français lors du référendum sur la constitution européenne. La faute, peut être, à une administration souvent perçue comme omnipotente, se mêlant de ce qui ne la regarde pas; mais la faute aussi à des responsables politiques tièdes qui de manière coupable, disaient « oui » à Bruxelles, et « C'est de la faute de Bruxelles » dès qu'ils étaient rentrés chez eux.

Mais plus que jamais, dans un monde complexe et dangereux, les Européens doivent être unis pour défendre leurs intérêts, mais aussi les valeurs qui ont forgé la « vieille Europe ».

Les cinquante premières années ont permis de montrer que la vie ensemble est possible, et c'est déjà énorme car l'histoire tendait à nous montrer le contraire. Les prochaines devront nous montrer que non seulement la paix est possible, mais que réunies nos nations peuvent faire de grandes choses, se bâtir un avenir commun, et jouer un rôle déterminant dans le monde. Autant de défis pour notre prochain président. Ne nous trompons pas: le seul véritable européen s'appelle François Bayrou!

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Publié dans Europe

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