Dimanche 8 janvier 2006 7 08 /01 /Jan /2006 10:38

Il y a 10 ans, mourrait François Mitterrand. En ce moment, les commémoration battent leur plein, et l'on constate que pour beaucoup, il restera une des figures marquantes de la fin du vingtième siècle. Je ne suis pas sûr de partager cet avis...

Quand, en ce jour de janvier 1996 j'ai appris la mort de François Mitterrand, j'en ai été très ému. Comme tous les jeunes de mon age, ceux que l'on a appelé la « génération Mitterrand », je n'avais pour ainsi dire, connu que lui à l'Elysée. Et naturellement, il était devenu pour nous tous une figure familière, l'image d'un grand père lointain, mais qui s'exprimait avec cette maîtrise, cette retenue, qui donnait du poids, de la solennité, et même une apparente sagesse à ses propos quand bien même on ne les partageait pas.

Pourtant, je reste convaincu que François Mitterrand ne fut pas un grand président. Certes sa contribution européenne a été globalement positive. Sur certaines questions de société, un certain nombre d'avancées peuvent être portées à son crédit (sur la peine de mort en particulier, cf. article précédent). Il n'en reste pas moins que ses septennats furent catastrophique sur le plan économique, social, culturel, politique et moral.

Économiquement, il restera le président des nationalisations, des impôts toujours plus lourd et du déficit public récemment mis en lumière par le rapport Pébereau. Socialement, ses mandats ont coïncidé avec l'inexorable montée du chômage, face à laquelle aucune réponse satisfaisante n'a été proposée par les gouvernements de gauche. Pour ce qui est de la Culture, si on peut saluer quelques belles initiatives comme le « Grand Louvre », les années « Jack Lang » ont aussi été les années au cours desquelles tout ce qui faisait la culture classique a été relativisé, et poussé au placard par une démagogie sans borne.

Mais le gros du passif de Mitterrand se retrouve aux chapitres politique et moral. Comment oublier, qu'après avoir collaboré avec le parti communiste, qui en 81 était ouvertement révolutionnaire, marxiste léniniste et inféodé à une puissance étrangère, après lui avoir ouvert les portes du gouvernements, il a instrumentalisé le Front National, l'a diabolisé et à tout fait pour le faire monter en puissance? C'est finalement Jospin, vingt ans plus tard, qui s'en est mordu les doigts...

Mais surtout, les années Mitterrand resteront marquées par le copinage, les affaires, l'utilisation des moyens de l'état à des fins personnelles. Si la politique est aujourd'hui aussi discréditée, Mitterrand en est, pour une très large part, responsable.

Culture du chômage, discrédit de l'action publique et finalement, effacement d'un grand nombre de repères: si la France en est là où elle est, elle le doit en grande partie à François Mitterrand. Malheureusement son successeur, entre affaires (lui aussi), politiques de la girouette et de l'incantation, n'aura pas fait beaucoup mieux...

Publié dans : Politique française
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés