Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 21:03

UE-2.jpgLe 9 mai, c'est la fête de l'Europe. Mais cette année, on n'a pas forcément le cœur à la fête: l'Europe est malade. Alors que jusqu'à présent ce sont les conflits à ses frontières où entre ses propres membres qui semblaient pouvoir la déstabiliser, c'est depuis quelques semaines, la spéculation internationale qui la met à l'épreuve.

 

La rumeur  annonce qu'une agence de notation pourrait baisser sa note sur la dette de tel ou tel état européen, et c'est la planète de la finance qui se grippe, et les économies européennes, qui au moment du rebond de l'économie mondiale, risquent de replonger dans la récession.


Le rapport de cause à effet semble disproportionné et montre à quel point la société de l'information a donné une place déraisonnable aux oracles de t out poil et autres oiseaux de mauvais augures.


On ne peut pas nier la gravité de la situation: les déficits publics, que les critères de Maastricht auraient du encadrer, ont explosé avec la crise. Et certains états ont triché en maquillant des chiffres peu flatteurs.


Mais les dettes publiques, en Europe comme aux États-Unis ou au Japon, ne sont pas nouvelles. Si on en abuse, elles plombent les budgets des états concernés. Et cette situation peut conduire à la dévaluation de la monnaie d'un état sur-endetté. Mais quoi qu'il en soit, l'état en question ne se résume pas à son bilan comptable, et il survit à ces difficultés financières. On ne place pas un état en liquidation judiciaire... On ne peut donc pas raisonner avec la dette souveraine d'un état comme avec la dette d'une entreprise qui, à cours de financement, peut disparaître quasiment du jour au lendemain.


Dans le cas de la Grèce, le surendettement est patent, et les difficultés pour honorer le remboursement de la dette sont réelles. L'hypothèse d'une dévaluation n'est pas envisageable, puisque l'Euro est une monnaie partagée, au  sein de laquelle le poids de la Grèce n'est pas prépondérant.


La question posée par ces attaques était donc de savoir comment l'Europe, ou plus précisément les pays de l'Eurogroupe, allaient réagir. La réponse a tardé à venir, ce qui a alimenté la spéculation et affaibli les économies européennes.

 

Mais il est clair maintenant que l'appartenance à la zone euro ne pourra plus se résumer à une stricte discipline budgétaire, même si celle-ci reste nécessaire. Elle devra également inclure des mécanismes de coordinations des politiques économiques et de solidarité entre états: lorsqu'un état de l'Eurogroupe est attaqué, c'est l'économe de toute la zone qui et menacée. Il faut donc une certaine homogénéité de la zone économique.


Sortir de cette crise en détricotant l'intégration européenne serait une erreur. Cela nous ramènerait en arrière, contribuerait à fragiliser les liens difficilement tissés entre les nations du vieux continent au cours des 60 dernières années et rouvrirait le cycle infernal des conflits intra-européens. A plus forte raison, renoncer à l'Euro pour tout ou partie de ses membres donnerait raison aux spéculateurs et aboutiraient à des monnaies faibles qui se feraient balayer par la première tempête fiancière.


Pour sortir renforcés de cette crise, nous avons au contraire besoin d'aller plus loin dans la construction européenne, de nous donner les moyens de disposer d'une politique économique commune afin d'être capables d'assurer la cohérence entre nos économies nationales.


L'Europe est malade. Ce sera probablement long et difficile, mais elle se remettra. Et si nos gouvernements le veulent, et lui en donnent les moyens, elle sortira plus forte de cette épreuve, ayant franchi une nouvelle étape de sa construction. C'est ce que l'on peut lui souhaiter de meilleur aujourd'hui.

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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 17:32
Un collègue me racontais hier sa surprise en visitant un village de quelques centaines d'âmes, de voir, sur le monument aux morts, que cette commune avait perdu une soixantaine de ses enfants lors de la première guerre mondiale.

Oui, c'est beaucoup, répondis-je, d'ailleurs à Plouzané, qui devait avoir environ 2400 habitants à l'époque, je ne suis pas sûr qu'il y en ait autant . Combien? Quarante, soixante, davantage? Si je connais bien le monument aux morts de Plouzané devant lequel je passe chaque semaine, devant lequel je participe aux cérémonies commémoratives plusieurs fois par an, je dois avouer que jusqu'à ce matin, je n'avais jamais compté, considérant globalement la longue liste des victimes de ce conflit.

Alors ce matin, j'ai compté. Dix colonnes, et dans chaque colonne, une dizaine de noms... 98 noms, pour être précis.

On doit pouvoir considérer que pour une population de 2400 habitants, il devait y avoir au début du XXème siècle, chaque année, de l'ordre de 40 jeunes atteignant l'âge de vingt ans, dont une vingtaine de jeunes hommes.

C'est donc en quatre ans, l'équivalent de cinq classes de jeunes hommes qui sont tombés sur les champs de batailles. Chiffre éloquent. Que je ne suis plus prêt d'oublier...
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 18:53
Il y a vingt ans...

Il y a vingt ans, j'avais treize ans, j'étais un enfant.

Il y a vingt ans, mon père venait de mourir. Le premier chapitre de ma vie, une enfance heureuse et insouciante, s'était brutalement refermé.

Il y a vingt ans, le mur de Berlin tombait. Des familles divisées se retrouvaient. Des millions d'Allemands, emprisonnés dans leur propre pays, goûtaient à la liberté. L'allégresse déferlait sur Berlin, et l'émotion étreignait le monde. Rostropovitch jouait devant un mur ouvert. Un peuple en marche avait eu raison d'un régime qui semblait immuable. Le bloc soviétique s'effondrait jour après jour. La liberté prenait le pas sur l'oppression et le monde attendait des lendemains meilleurs.

Il y a vingt ans, j'étais sûr de vivre un tournant de l'histoire, un moment unique et plein d'espoir que mon père aurait aimé voir.

Il y a vingt ans, je me disais que plus rien ne serait plus comme avant...

C'était il y a vingt ans... C'était au siècle dernier...

Et les années ont passé. La vie a continué avec ses bons et ses mauvais moments. Le monde a continué à tourner dans les crises et les soubressauts. Des désillusions ont succédé aux espoirs et des espoirs aux désillusions.

Le vingtième siècle est mort et avec lui l'illusion du grand soir. Les grandes idéologies qui l'ont marqué ont toutes échouées, souvent dans le sang et les larmes. Faire mieux au vingt-et-unième siècle,  garder l'ambition de contribuer à un monde meilleur, sans sombrer dans l'individualisme et le scepticisme, voilà un défi passionnant pour les années à venir.
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 15:53
La lecture des comptes-rendus du conseil municipal de lundi dernier, 28 septembre, dans la presse peut laisser à penser que cette réunion fut lisse et sans échanges. Pourtant, rarement séance n’avait été aussi longue (fin des débats vers 23h30) et riche en discussions, parfois animées.


Chantiers, tramway et circulation

Il y eu tout d’abord le compte-rendu d’activité annuel de BMO. Yves Du Buit a saisi cette occasion pour interpeler le maire au sujet des difficultés de circulation entre Brest et Plouzané occasionnées par les travaux du tramway. Cette situation, appelée à durer près de trois ans avec des itinéraires et des durées de déplacements sans cesse modifiés, pénalise lourdement les Plouzanéens qui doivent se rendre à Brest quotidiennement.

Ces travaux sont d’autant plus gênant qu’ils concernent en même temps, les principaux axes reliant le centre-ville à l’Ouest de l’agglomération. Ils contribuent à enclaver encore plus Plouzané et le Technopole, naturellement excentrés loin des grands axes de circulation. On peut donc s’interroger sur le phasage retenu pour ces chantiers.

Mais au delà même de la période actuelle de travaux, le tramway desservira le centre-ville mais compliquera sa traversée en voiture. L’aménagement d’une voie de contournement de la ville est donc indispensable en complément du tramway pour pouvoir rallier dans des délais raisonnables l’Est de Brest, les zones d’activités, l’aéroport et les grands axes routiers. C’est l’attractivité même de notre commune et du Technopole qui sont en jeu. Et sur ce chapitre, on ne voit pour le moment pas venir grand chose.


Lotissement de Lannilis

Il y eut ensuite la question de l’aménagement de la dernière tranche du lotissement de Lannilis (au bourg, en contre-bas de la rue du Cloitre). Le projet de la municipalité, sous couvert d’éco-quartrier, prévoit surtout une densification très forte dans ce quartier situé en bordure de zone humide. Construire durable est une nécessité. Mais il faut aussi savoir varier la densité des logements en fonction de leur situation dans la commune. On peut imaginer des aménagements denses à proximité de l’axe central de la commune (notamment dans la future zone de Kerarmerrien ) et plus aérés en limite des zones vertes (et qui plus est humides dans le cas présent) qui n’ont pas vocation a être urbanisées. Notre groupe s’est donc démarqué de la majorité municipale sur ce sujet.


Initiation au Breton dans les écoles

Il y eut aussi le renouvellement de la convention avec le Conseil Général pour l’initiation au Breton dans les écoles. La charge de cette initiation, anciennement entièrement supportée par le Conseil Général, est depuis quelques années partagée avec la commune. La convention, au bout de trois ans, était donc soumise à renouvellement. Et à lire la dernière phrase de la délibération, la commune semblait faire une bonne affaire : le coût de la prestation passait d’environ 8000€ à un peu plus de 6500€. Sauf que... Cette bonne nouvelle en cache en fait deux mauvaises ! D’une part, le coût de l’heure d’initiation, facturée par le prestataire retenu par le Conseil Général, a augmenté de plus de 20% en trois ans (non, ce n’est pas EDF le prestataire...) , mais d’autre part, le nombre de classes concerné est passé de 12 à 8 suite à la fermeture de l’école de Castel-Nevez, ce qui permet, globalement, une économie au goût amer... Et, si nous avons tout de même voté cette convention car nous sommes attachés à cette initiation, ces faits méritaient d’être soulignés...


Soutien aux producteurs laitiers

Il y eut enfin deux vœux, présentés par la majorité municipale et que, comme d’habitude, nous découvrions en séance. Le premier relatif à la Poste fait un amalgame entre privatisation et changement de statut et oublie au passage, que les fermetures de bureaux de poste en zone rurale sont une constante depuis des années, quelque soit la couleur du gouvernement.

Le second vœu se voulait un soutien aux producteurs laitiers. Contrairement au précédent, nous l’avons voté malgré des formulations malheureuses et une vision de la crise très éloignée de la présentation qu’on pu en faire les Verts en particulier. Nous aurions préféré un texte qui apporte un soutien à l’ensemble des producteurs laitiers, qui sont tous confrontés à cette crise sans précédent dans cette filière, plutôt que ce vœu qui soutient les uns et met les autres à l’index.


On le constate, ce conseil a été riche de débats sur des sujets très variés. Les prochaines réunions, qui auront à se pencher sur des sujets importants pour l’’avenir de la commune (zone de Kerarmerrien, avenir des différents bâtiments communaux, finances et fiscalité locale...) pourraient l’être également.


 

Retrouvez aussi cet aticle sur www.generations-plouzane.fr

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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 20:54

C'est sous les chênes que l'assemblée se réunit. Croix et bannière arrivent en procession. La musique emplit l'espace. Le chemin creux devient pour quelques heures église parée de verdure et baignée de soleil.


Un peu en retrait, dans la vieille chapelle, les ex-voto témoignent de la foi des pèlerins au cours des siècle et les cierges allumés devant la grande statue de Notre Dame attestent de la ferveur des visiteurs d'aujourd'hui et prolongent leur prière.


Sur la prairie, la journée se poursuit en famille ou entre amis, autour d'un verre, d'un bon repas et tout au long d'une après-midi de jeux et de fête.


En contrebas, la maison vide rappelle l'absence de Suzanne, personnalité singulière, indissociable de Bodonou, qui depuis des lustres veillait sur les lieux et s'est éteinte l'hiver dernier.


En ce beau dimanche encore estival, quelques heures à Bodonou, c'est un moment de détente et de convivialité. Mais c'est aussi, pour chacun, originaire du secteur ou venu d'horizons plus lointains, croyant ou pas, une bonne occasion de se réapproprier un peu de cette culture qui nous lie à un territoire et à une histoire.

 


Et pour celles et ceux qui ont raté l'édition 2009?

Les chemins qui mènent à Bodonou et qui permettent de se promener entre croix et lacs, au milieu des genêts et des ajoncs, sont praticables... quand la météo le permet! La chapelle est ouverte tous les dimanches après-midi. Et pour le pardon, rendez-vous en septembre prochain!


Et pour ceux qui ne savent pas où ça se trouve?
Bodonou est situé à Plouzané, le long de la voie communale 6, aux confins de Guilers et Saint-Renan.

 

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